Soumission chimique : que faire si tu penses en avoir été victime ?

Soumission chimique : que faire si tu penses en avoir été victime ?

Ce que j'ai vu aux urgences…

Beaucoup de femmes qui arrivent aux urgences après une soirée comme celle-là ne savent pas par où commencer. Elles doutent. Elles se demandent si elles ont le droit de "déranger" pour ça. Elles culpabilisent, parfois, alors qu'elles n'ont rien à se reprocher.

Si tu te reconnais dans cette situation : un trou noir, des heures qui manquent, un réveil confus dans un endroit que tu ne reconnais pas tout à fait, ce texte est pour toi. Pas pour te faire peur. Pour t'aider à savoir quoi faire, concrètement, dans les heures qui suivent.

Il est possible d'avoir été victime d'une soumission chimique sans avoir subi d'agression physique ou sexuelle. Dans tous les cas, si quelque chose te semble anormal ou si tu as un trou de mémoire inexpliqué, il est important de consulter rapidement.

Les premiers réflexes, dans l'heure qui suit

Le temps compte énormément dans ce genre de situation parce que les substances utilisées en soumission chimique disparaissent très vite de l'organisme. Quelques gestes simples peuvent augmenter les chances d'identifier ce qui s'est passé et augmentent tes chances d'obtenir des preuves :

• Si tu as encore ton verre, ta bouteille ou le contenant dans lequel tu buvais, conserve-le si possible. Il pourrait parfois être utile pour des analyses.

• Note dès que possible tout ce dont tu te souviens : l'heure approximative du début des symptômes, les personnes présentes, le lieu où tu te trouvais et tout détail qui te semble inhabituel. Cette information aide beaucoup les soignants.

• Fais-toi accompagner par une personne de confiance. Tu n'as pas à gérer cette situation seule.

• Si tu penses avoir pu être agressée physiquement ou sexuellement : ne te lave pas, ne te douche pas et ne te brosse pas les dents avant un examen médical, même si l'envie est forte. Ces éléments peuvent parfois aider à préserver d'éventuelles preuves.

• Consulte rapidement un service médical ou les urgences, même si tu n'es pas certaine de ce qui s'est passé.

Aller aux urgences : à quoi t'attendre

Se rendre aux urgences, ou dans un centre spécialisé en agression sexuelle quand il y en a un près de chez toi, permet deux choses : être examinée médicalement, évaluer ton état de santé et, lorsque c'est indiqué, réaliser des prélèvements permettant de rechercher certaines substances.

Dans certains cas, ces analyses peuvent mettre en évidence la présence d'une substance. Cependant, l'absence de résultat positif ne signifie pas nécessairement qu'il ne s'est rien passé, certaines substances disparaissant très rapidement de l'organisme.

Un point important à savoir : la fenêtre de détection est courte, souvent moins de 12 à 24 heures selon la substance. C'est pour ça qu'il ne faut pas attendre "d'être sûre" avant de consulter. Tu n'as pas besoin d'avoir toutes les réponses pour avoir le droit d'être prise au sérieux.

L'équipe médicale est là pour soigner, pas pour juger. Tu peux poser toutes les questions qui te passent par la tête, même celles qui te semblent bêtes.

Porter plainte ou non : ce que tu dois savoir

Cette décision t'appartient entièrement, et il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Quelques repères qui peuvent t'aider à y voir plus clair :

Tu peux porter plainte tout de suite après l'hôpital, ou plus tard, une fois que tu te sens prête. Dans plusieurs juridictions et selon les circonstances, les professionnels de santé pourront t'informer sur les démarches possibles, qu'il s'agisse d'un signalement, d'une plainte ou simplement d'un suivi médical. Certaines preuves ou prélèvements peuvent parfois être conservés pendant un certain temps, selon les procédures en place. Renseigne-toi auprès du personnel soignant ou d'une association locale, car les démarches varient selon l'endroit où tu te trouves.

Ce qui compte, c'est que ta décision soit la tienne, prise à ton rythme.

L'après : ne pas rester seule avec ça

Même lorsqu'on ne sait pas exactement ce qui s'est passé, il est fréquent de ressentir de l'anxiété, de la colère, de la confusion ou de la peur dans les jours qui suivent. Le doute, la honte qui ne devrait pas être là, la peur de ressortir : tout ça peut durer bien après l'incident. Parler à un proche, à une association spécialisée ou à un professionnel de santé mentale n'est pas un signe de faiblesse, c'est une étape normale de la reconstruction.

Tu trouveras des ressources et des contacts utiles sur notre page Soutien et ressources pour les femmes.

Et si tu lis cet article par prévention, pour toi ou pour une amie : garde ces informations en tête. Le jour où elles servent, elles font toute la différence.

 

À retenir

Si tu penses avoir été victime de soumission chimique :

• Consulte rapidement un service médical ou les urgences.                                                    • Conserve ton verre, ta bouteille ou tout élément pouvant aider à comprendre ce qui s'est passé.
• Si tu penses avoir subi une agression physique ou sexuelle, évite également de te laver et conserve tes vêtements jusqu'à l'évaluation médicale.
• Fais-toi accompagner par une personne de confiance.
• Ne reste pas seule avec tes doutes.
• Même si tu n'es pas certaine de ce qui s'est passé, tu as le droit d'être prise au sérieux.

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